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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/289

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Cependant Galba, tranquillement occupé de son sacrifice, importunoit les Dieux pour un Empire qui n’étoit plus à lui, quand tout-à-coup un bruit s’éleva que les troupes enlevoient un Senateur qu’on ne nommoit pas, mais qu’on fut ensuite être Othon. Aussi-tôt on vit accourir des gens de tous les quartiers & à mesure qu’on les rencontroit plusieurs augmentoient le mal & d’autres l’exténuoient, ne pouvant en cet instant même renoncer à la flatterie. On tint conseil & il fut résolu que Pison fonderoit la disposition de la cohorte qui étoit de garde au Palais, réservant l’autorité encore entière de Galba pour de plus pressans besoins. Ayant donc assemblé les soldats devant les degrés du Palais, Pison leur parla ainsi. “Compagnons, il y a six jours que je fus nommé César sans prévoir l’avenir & sans savoir si ce choix me seroit utile ou funeste. C’est à vous d’en fixer le sort pour la République & pour nous ; ce n’est pas que je craigne pour moi-même, trop instruit par mes malheurs à ne point compter sur la prospérité. Mais je plains mon pere, le Sénat,& l’Empire, en nous voyant réduits à recevoir la mort ou à la donner, extrêmité non moins cruelle pour des gens de bien, tandis qu’après les derniers mouvemens on se félicitoit que Rome eut été exempte de violence & de meurtres, & qu’on espéroit avoir pourvu par l’adoption à prévenir toute cause de guerre après la mort de Galba."

“Je ne vous parlerai ni de mon nom ni de mes mœurs ; on a peu besoin de vertus pour se comparer à Othon. Ses vices dont il fait toute sa gloire ont ruiné l’Etat quand il