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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/189

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arrivent après elle jusqu’ou se joignent les chemins de Béthel & crient cri s’animant au carnage ; ils tombent nous comme les premieres fois. Aveugles, qui dans l’éblouissement d’un vain succès ne voient pas l’Ange de la vengeance qui vole déjà sur leurs rangs, arme du glaive exterminateur.

Cependant le corps de troupes cache derrière le coteau, sort de son embuscade en bon ordre, au nombre de dix mille hommes, & s’étendant autour de la Ville, l’attaque, la force, en passe tous les habitans au fil de l’epée, puis élevant une grande fumée, il donne à l’armée le signal convenu, tandis que le Benjamite acharne, s’excite à poursuivre sa victoire.

Mais les forts d’IsraËl ayant apperçu le signal, firent face à l’ennemi en Baha1-Tamar. Les Benjamites, surpris de voir bataillons d’IsraËl se former, se développer, s’étendre, fondre sur eux, commencèrent à perdre courage, & tournant le dos, ils virent avec effroi les tourbillons de fumée qui leur annonçoient le désastre de Gabaa. Alors frappes de terreur à leur tour, ils connurent que le bras du Seigneur les avoit atteints, & fuyant en déroute vers le désert, ils furent environnes, poursuivis, tues, foules aux pieds ; tandis que divers detachemens entrant dans les Villes, y mettoient à mort chacun dans son habitation.

En ce jour de colere & de meurtre, presque toute la Tribu de Benjamin, au nombre de vingt-six mille hommes, périt sous l’epée d’Israel ; savoir, dix-huit mille hommes dans leur premiere retraite depuis Menuha jusqu’a l’Est du coteau, cinq