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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/186

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le sang innocent. Fille de Bethléem, je te porte une bonne nouvelle ; ta mémoire ne restera point sans honneur. En disant ces mots, il tomba sur sa face, & mourut. Son corps fut honore de funérailles publiques. Les membres de la jeune femme furent rassembles & mis dans le même sépulcre, & tout Israel pleura sur eux.

Les apprêts de la guerre qu’on alloit entreprendre commencèrent par un ferment solemnel de mettre à mort quiconque negligeroit de s’y trouver. Ensuite on fit le dénombrement de tous les Hébreux portans armes, & l’on choisit dix de cent, cent de mille, & mille de dix mille, la dixieme partie de peuple entier, dont on fit une armée de quarante mille hommes qui devoir agir contre Gabaa, tandis qu’un pareil nombre etoit charge des convois de munitions & de vivres pour l’approvisionnement de l’armée. Ensuite le Peuple vint à Silo devant l’arche du Seigneur, en disant ; quelle Tribu commandera les autres contre les enfans de Benjamin ? Et le Seigneur répondit ; c’est le sang de Juda qui crie vengeance ; que Juda fait votre chef.

Mais avant de tirer le glaive contre leurs freres, ils envoyèrent à la Tribu de Benjamin des Hérauts, lesquels : dirent aux Benjamites. Pourquoi cette horreur se trouve-t-elle au milieu de vous ? Livrez-nous ceux qui l’ont commise, afin qu’ils meurent, & que le mal soit ôte du sein d’Israel.

Les farouches enfans de Jemini, qui n’avoient pas ignore l’assemblée de Malpha, ni la révolution qu’on y avoir prise, s’étant prépares de leur cote, crurent que leur valeur les dispensoit d’être justes. Ils n’écouterent point d’exhortation de