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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/119

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peut donner de très-bonnes leçons de politesse, sans vouloir ou pouvoir être fort poli soi-même. Ces pesans Commentateurs qu’on nous dit qui connoissoient tout dans les anciens, hors la grace & la finesse, n’ont pas laisse, par leurs ouvrages utiles, quoique méprises, de tous apprendre à sentir ces beautés qu’ils ne sentoient point. Il en est de même de cet agrément du commerce, & de cette élégance de mœurs qu’on substitue à leur pureté, & qui s’est fait remarquer chez tous les peuples ou les Lettres ont été en honneur ; à Athenes, à Rome, à la Chine, par-tout on a vu la politesse & du langage & des manieres accompagne toujours, non les Savans & les Artistes, mais les Sciences & les beaux-Arts.

L’Auteur attaque ensuite les louanges que j’ai données l’ignorance :& me taxant d’avoir parle plus en Orateur qu’en Philosophe, il peint l’ignorance à son tour ; & l’on peut bien se douter qu’il ne lui prête pas de belles couleurs.

Je ne nie point qu’il ait raison, mais je ne crois pas avoir tort. Il ne faut qu’une distinction très-juste & très-vraie pour nous concilier.