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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/99

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qu’elle plainte avez-vous à faire du moyen dont Dieu s’est servi, puisqu’il ne s’en est servi d’aucun ? Vous doit-il compte des tromperies d’un imposteur ? Quand vous vous laissez duper, c’est votre faute, & non pas la sienne. Mais lorsque Dieu, maître du choix de ses moyens, en choisit par préférence qui exigent de notre part tant de savoir & de si profondes discussions, le Vicaire a-t-il tort de dire : " Voyons toutefois ; examinons, comparons, vérifions. Ô si Dieu eût daigné me dispenser de tout ce travail, l’en aurois-je servi de moins bon cœur ? "*

[Emile. ubi sup.]


Monseigneur, votre mineure est admirable. Il faut la transcrire ici toute entiere ; j’aime à rapporter vos propres termes : c’est ma plus grande méchanceté.

Mais n’est-il donc pas une infinité de faits, même antérieurs à celui de la Révélation Chrétienne, dont il seroit absurde de douter ? Par quelle autre voie que celle des témoignages humains, l’Auteur lui-même a-t-il donc connu cette Sparte, cette Athenes, cette Rome dont il vante si souvent & avec tant d’assurance les loix, les mœurs & les héros ? Que d’hommes entre lui & les Historiens qui ont conservé la mémoire de ces événemens !

Si la matiere étoit moins grave, & que j’eusse moins de respect pour vous, cette maniere de raisonner me fourniroit peut-être l’occasion d’égayer un peu mes lecteurs ;mais à Dieu ne plaise que j’oublie le ton qui convient au sujet que je traite, & à l’homme à qui je parle ! Au risque d’être plat dans ma réponse, il me suffit de montrer que vous vous trompez.