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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/576

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trop peu assidus pour être d’une grande ressource les uns aux mures & laisser subsister long-tems les associations. Les deux ses réunis journellement dans un même lieu ; les parties qui se lieront pour s’y rendre ; les manieres de vivre qu’on y verra dépeintes & qu’on s’empressera d’imiter ; l’exposition des Dames & Demoiselles parées tout de leur mieux & mises en étalage dans des loges comme sur le devant d’une boutique, en attendant les acheteurs ; l’affluence de la belle jeunesse qui viendra de son cote s’offrir en montre, & trouva bien plus beau de faire des entrechats au Théâtre que l’exercice à Plain-Palais ; les petits soupers de femmes qui s’arrangeront en sortant, ne fut-ce qu’avec les Adrices ; enfin le mépris des anciens usages qui résultera de l’adoption des nouveaux ; tout cela substituera bientôt l’agréable vie de Paris & les bons airs de France à notre ancienne simplicité, & je doute un peu que des Parisiens à Geneve y conservent long-tems le goût de notre gouvernement.

Il ne faut point le dissimuler, les intentions sont droites encore, mais les mœurs inclinent déjà visiblement vers décadence, cet nous suivons de loin les traces des mêmes peuples dont nous ne laissons pis de craindre le fort. Par exemple, on m’assure que l’éducation de la jeunesse est généralement beaucoup meilleure qu’elle n’etoit autrefois ; ce qui pour tant ne peut gueres se prouver qu’en montrant qu’elle fait de meilleurs citoyens. Il est certain que les enfans sont mieux révérence ; qu’ils savent plus galamment donner la main aux Dames, & leur dire une infinité de gentillesses pour lesquelles je leur ferois, moi, donner le fouet ; qu’ils savent