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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/445

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de la part de Dieu de croire que la partie est plus grande que le tout, que pourrois-je penser en moi-même, sinon que cet homme vient m’ordonner d’être fou ? Sans doute l’Orthodoxe, qui ne voit nulle absurdité dans les rnysteres, est oblige de les croire : mais si le Socinien y en trouve, qu’a-t-on à lui dire ? Lui prouvera-t-on qu’il n’y en à pas ? Il commencera, lui, par vous prouver que c’est une absurdité de raisonner sur ce qu’on ne sauroit entendre. Que faire donc ? Le laisser en repos.

Je ne suis pas plus scandalisé que ceux qui servent un Dieu clément, rejettent l’éternité des peines, s’ils la trouvent incompatible avec sa justice. Qu’en pareil cas ils interpretent de leur mieux les passages contraires à leur opinion, plutôt que de l’abandonner, que peuvent-ils faire autre chose ? Nul plus pénétré que moi d’amour & de respect pour le plus sublime de tous les Livres ; il me console & m’instruit