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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/369

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dignité, que ceux d’entre eux qui portoient habituellement l’épée, la posèrent toujours pour y assister.*

[*Ils eurent la même attention en 1734, dans leurs Représentations du 4 Mars, appuyées de mille ou douze cents Citoyens ou Bourgeois en personne, dont pas un seul n’avoit l’épée an côté. Ces soins, qui paroîtroient minutieux dans tout autre Etat, ne le sont pas dans une Démocratie, & caractérisent peut-être mieux un peuple que des traits plus éclatans.] Ce ne fut qu’après que tout fut fait, c’est-à-dire à la fin du troisième Conseil général, qu’il y eut un cri d’armes causé par la faute du Conseil, qui eut l’imprudence d’envoyer trois Compagnies de la garnison, la baÏonnette an bout du fusil, pour forcer deux ou trois cents Citoyens encore assemblés à Saint Pierre.

Ces Conseils périodiques rétablis en 1707, furent révoqués cinq ans après ; mais par quels moyens & dans quelles circonstances ? Un court examen de cet Edit de 1712 nous fera juger de sa validité.

Premièrement le Peuple, effrayé par les exécutions & proscriptions récentes, n’avoit ni liberté, ni sûreté ; il ne pouvoit plus compter sur rien, après la frauduleuse amnistie qu’on employa pour le surprendre. Il croyoit à chaque instant, revoir à ses portes les Suisses qui servirent d’archers à ces sanglantes exécutions. Mal revenu d’un effroi que le début de l’Edit étoit très-propre à réveiller, il eût tout accordé par la seule crainte ; il sentoit bien qu’on ne l’assembloit pas pour donner la Loi, mais pour la recevoir.

Les motifs de cette révocation, fondés sur les dangers des Conseils généraux périodiques, sont d’une absurdité palpable à qui connoît le moins du monde l’esprit de votre Constitution