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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/347

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que le Gouvernement provisionnel y réside dans le sens que je donne à ce mot ; mais ce sens n’est pas celui de l’Auteur des Lettres ; puisque dans le mien le Gouvernement n’a que les pouvoirs qui lui sont donnés par la Loi, & que dans le sien, au contraire, le Gouvernement a tous les pouvoirs que la Loi ne lui ôte pas.

Reste donc dans toute sa force l’objection des Représentans, que, quand l’Edit parle des Syndics, il parle de leur puissance, & que, quand il parle du Conseil, il ne parle que de son devoir. Je dis que cette objection reste dans toute sa force ; car l’Auteur des Lettres n’y répond que par une assertion démentie par tous les Edits. Vous me ferez plaisir, Monsieur, si je me trompe, de m’apprendre en quoi pèche mon raisonnement.

Cependant cet Auteur, très-content du sien, demande comment-si le Législateur n’avoit pas considéré de cet œil le petit Conseil, on pourroit concevoir que dans aucun endroit de l’Edit il n’en réglât l’autorité ; qu’il la supposât par-tout, & qu’il ne la déterminât nulle part.*

[* Ibid. page 67. ]

J’oserai tenter d’éclaircir ce profond mystère. Le Législateur ne règle point la puissance du Conseil, parce qu’il ne lui en donne aucune indépendamment des Syndics ; & lorsqu’il la suppose, c’est en le supposant aussi présidé par eux. Il a déterminé la leur, par conséquent il est superflu de déterminer la sienne. Les Syndics ne peuvent pas tout sans le Conseil, mais le Conseil ne peut rien sans les Syndics ; il n’est rien