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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/307

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si décrié, mais si nécessaire ; vous y verrez partout la Loi mise au-dessus des hommes ; vous y verrez partout la liberté réclamée, mais toujours sous l’autorité des Loix, sans lesquelles la liberté ne peut exister, & sous lesquelles on est toujours libre, de quelque façon qu’on soit gouverné. Par là je ne fois pas, dit-on, ma cour aux Puissances. Tant pis pour elles ; car je fois leurs vrais intérêts, si elles savoient les voir & les suivre. mais les passions aveuglent les hommes sur leur propre bien. Ceux qui soumettent les Loix aux passions humaines sont les vrais destructeurs des Gouvernemens voilà les gens qu’il faudroit punir.

Les fondemens de l’état sont les mêmes dans tous les Gouvernemens, & ces fondemens sont mieux posés dans mon Livre que dans aucun autre. Quand il s’agit ensuite de comparer les diverses formes de Gouvernement, on ne peut éviter de peser séparément les avantages & les inconvéniens de chacun : c’est ce que je crois avoir fait avec impartialité. Tout balancé, j’ai donné la préférence au Gouvernement de mon pays. Cela étoit naturel & raisonnable ; on m’auroit blâmé, si je ne l’eusse pas fait. mais je n’ai point donné d’exclusion aux autres Gouvernements ; au contraire, j’ai montré que chacun avoit sa raison qui pouvoit le rendre préférable à tout autre, selon les hommes, les tems & les lieux. Ainsi, loin de détruire tous les Gouvernemens, je les ai tous établis.

En parlant du Gouvernement monarchique en particulier, j’en ai bien fait valoir l’avantage, & je n’en ai Pas non plus déguisé les défauts. Cela est, je pense, du droit d’un homme