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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/196

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petit donner au second passage qu’un sens qui se rapporte au premier, autrement Jésus se seroit contredit. Or dans le premier passage, où l’on demande un miracle en signe, Jésus dit positivement qu’il n’en sera donné aucun. Donc le sens du second passage n’indique aucun signe miraculeux.

Un troisieme passage, insisteront-ils, explique ce signe par la résurrection de Jésus. *

[* Matth. XII. 40. ] Je le nie ; il l’explique tout au plus par sa mort. Or la mort d’un homme n’est pas un miracle ; ce n’en est pas même un qu’apres avoir resté trois jours dans la terre, un corps en soit retiré. Dans ce passage, il n’est pas dit un mot de la résurrection. D’ailleurs, quel genre de preuve seroit-ce de s’autoriser durant sa vie sur un signe qui n’aura lieu qu’après sa mort ? Ce seroit vouloir ne trouver que des incrédules ; ce seroit cacher la chandelle sous le boisseau. Comme cette conduite seroit injuste, cette interprétation seroit impie.

De plus, l’argument invincible revient encore. Le sens du troisieme passage ne doit pas attaquer le premier, & le premier affirme qu’il ne sera point donné de signe, point du tout, aucun. Enfin, quoi qu’il en puisse être, il reste toujours prouvé, par le témoignage de Jésus même, que, s’il a fait des miracles durant sa vie, il n’en a point fait en signe de sa mission.

Toutes les fois que les Juifs ont insisté sur ce genre de preuve, il les a toujours renvoyés avec mépris, sans daigner jamais les satisfaire. Il n’approuvoit pas même qu’on prît en ce sens ses œuvres de charité. Si vous ne voyez des prodiges