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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/152

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& que quand Paul fut converti a la foi de Christ il n’y avoit encore aucun Chrétiens*

[*Ce nom leur fut donné quelques années après à Antioche pour la première fois. ] sur la terre. "

Croyez-vous, Monsieur, qu’une controverse ainsi traitée sera fort animée & fort longue, & qu’une des Parties ne sera pas bientôt réduite au silence quand l’autre ne voudra point disputer ?

Si nos Prosélytes sont maîtres du pays où ils vivent, ils établiront une forme de culte aussi simple que leur croyance, & la Religion qui résultera de tout cela sera la plus utile aux hommes par sa simplicité même. Dégagée de tout ce qu’ils mettent à la place des vertus, & n’ayant ni rites superstitieux ni subtilités dans la Doctrine, elle ira tout entière à son vrai but, qui est la pratique de nos devoirs. Les mots de dévot & d’orthodoxe y seront sans usage ; la monotonie de certains sous articulés n’y sera pas la piété ; il n’y aura d’impies que les méchans, ni de fideles que les gens de bien.

Cette institution une fois faite, tous seront obligés par les Loix de s’y soumettre, parce qu’elle n’est point fondée sur l’autorité des hommes, qu’elle n’a rien qui ne soit dans l’ordre des lumieres naturelles, qu’elle ne contient aucun article qui ne se rapporte an bien de la société, & qu’elle n’est mêlée d’aucun dogme inutile à la morale, d’aucun point de pure spéculation.

Nos Prosélytes seront-ils intolérans pour cela ? Au contraire, ils seront tolérans par principe ; ils le seront plus qu’on