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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/125

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à perdre à ne pas agir & penser comme tout le monde ? ) alliant la simplicité des mœurs avec le faste des pensées ; (La simplicité des mœurs éleve l’ame ; quant au faste de mes pensées, je ne sais ce que c’est.) le zele des maximes antiques avec la fureur d’établir des nouveautés ; (Rien de plus nouveau pour nous que des maximes antiques : il n’y a point à cela d’alliage, & je n’y ai point mis de fureur.) l’obscurité de la retraite avec le desir d’être connu de tout le monde : (Monseigneur, vous voilà comme les faiseurs de Romans, qui devinent tout ce que leur Héros a dit & pensé dans sa chambre. Si c’est ce desir qui m’a mis la plume à la main, expliquez comment il m’est venu si tard, ou pourquoi j’ai tardé si long-tems à le satisfaire ?) On l’a vu invectiver contre les sciences qu’il cultivoit ; (Cela prouve que je n’imite pas vos gens de Lettres, & que dans mes écrits l’intérêt de la vérité marche avant le mien.) préconiser l’excellence de l’Evangile, (toujours & avec le plus vrai zele.) dont il détruisoit les dogmes ; (Non, mais j’en prêchois la charité, bien détruite par les Prêtres.) peindre la beauté des vertus qu’il éteignoit dans l’ame de ses Lecteurs. ( Ames honnêtes, est-il vrai que j’éteins en vous l’amour des vertus ! )

Il s’est fait le Précepteur du genre humain pour le tromper, le Monteur public pour égarer tout le monde, l’oracle du siecle pour achever de le perdre. (Je viens d’examiner comment vous avez prouvé tout cela.) Dans un ouvrage sur l’inégalité des conditions, (Pourquoi des conditions ? Ce n’est là ni mon sujet ni mon titre.) il avoit rabaissé l’homme jusqu’au rang des bêtes ;(Lequel de nous deux l’éleve ou l’abaisse,