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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/121

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répondu & auquel je doute qu’on puisse répondre.*

[* C’est ici une de ces objections terribles auxquelles ceux qui m’atttaquent se gardent bien de toucher. Il n’y a rien de si commode que de répondre avec des injures & de saintes déclamations ; on élude aisément tout ce qui embarrasse. Aussi faut-il avouer qu’en se chamaillant entre eux les Théologiens ont bien des ressources qui leur manquent vis-à-vis des ignorans, & auxquelles il faut alors suppléer comme ils peuvent. Ils se payent réciproquement de mille suppositions gratuites qu’on n’ose récuser quand on n’a rien de mieux à donner soi-même. Telle est ici l’invention de je ne fais quelle foi infuse qu’ils obligent Dieu, pour les tirer d’affaire, de transmettre du pere à l’enfant. Mais ils réservent ce jargon pour disputer avec les Docteurs ; s’ils s’en servoient avec nous autres profânes, ils auroient peur qu’on ne se moquât d’eux. ] Votre franchise Episcopale se tire d’affaire en tronquant le passage de l’Auteur de mauvaise foi.

Grace au Ciel, j’ai fini cette ennuyeuse tâche. J’ai suivi pied-à-pied vos raisons, vos citations, vos censures, & j’ai fait voir qu’autant de fois que vous avez attaqué mon livre, autant de fois avez vous eu tort. Il reste le seul article du Gouvernement, dont je veux bien vous faire grace ; très-sûr que quand celui qui gémit sur les miseres du peuple, & qui les éprouve, est accusé par vous d’empoisonner les sources de la félicité publique, il n’y a point de Lecteur qui ne sente ce que vaut un pareil discours. Si le Traité du Contrat Social n’existoit pas, & qu’il fallût prouver de nouveau les grandes vérités que j’y développe, les compliments que vous faites à mes dépens aux Puissances, seroient un des faits que je citerois en preuve, & le sort de l’Auteur en seroit un autre encore plus frappant. Il ne me reste plus rien à dire à cet égard ; mon seul exemple a tout dit, & la passion de l’intérêt