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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/119

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ses propres décisions, & qu’elle procede ainsi ; je décide que je suis infaillible ; donc je le suis ? imputation calomnieuse, M.T.C.F. Voilà, Monseigneur, ce que vous assurez : il nous reste à voir vos preuves. En attendant, oseriez-vous bien affirmer que les Théologiens Catholiques n’ont jamais établi l’autorité de l’Eglise ; par l’autorité de l’Eglise, ut in se virtualiter reflexam ? S’ils l’ont fait, je ne les charge donc pas d’une imputation calomnieuse.

La constitution du Christianisme, l’esprit de l’Evangile, les erreurs mêmes & la foiblesse de l’esprit humain tendent à démontrer que l’Eglise établie par Jésus-Christ est une Eglise infaillible.*

[*Mandement, XXI.] Monseigneur, vous commencez par nous payer-là de mots qui ne nous donnent pas le change. Les discours vagues ne font jamais preuve ; & toutes ces choses qui tendent à démontrer, ne démontrent rien. Allons donc tout d’un coup au corps de la démonstration : le voici.

Nous assurons que comme ce divin Légistateur a toujours enseigné la vérité, son Eglise l’enseigne aussi toujours.*

[*Ibid. : cet endroit mérite d’être lu dans le Mandement même ]


Mais qui êtes-vous, vous qui nous assurez cela pour toute preuve ? Ne seriez-vous point l’Eglise ou ses chefs ? À vos manieres d’argumenter, vous paroissez compter beaucoup sur l’assistance du Saint-Esprit. Que dites-vous donc, & qu’a dit l’Imposteur ? De grace, voyez cela vous-mêmes ; car je n’ai pas le courage d’aller jusqu’au bout.

Je dois pourtant remarquer que toute la force de l’objection que vous attaquez si bien, consiste dans cette phrase que vous