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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/113

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à tous les systêmes fanatiques, à tous les délires de l’esprit humain ?*

[*Mandement, XVIII.]


Pour vous, Monseigneur, vous ne pourrez pas dire ici comme le Vicaire ; si je me trompe, c’est de bonne foi : car c’est bien évidemment à dessein qu’il vous plaît de prendre le change & de le donner à vos Lecteurs ; c’est ce que je m’engage à prouver sans replique, & je m’y engage ainsi d’avance, afin que vous y regardiez de plus près.

La profession du Vicaire Savoyard est composée de deux parties. La premiere, qui est la plus grande, la plus importante, la plus remplie de vérités frappantes & neuves, est destinée à combattre le moderne matérialisme, à établir l’existence de Dieu & la Religion naturelle avec toute la force dont l’Auteur est capable. de celle-là, ni vous ni les Prêtres n’en parlez point ; parce qu’elle vous est fort indifférente, & qu’au fond la cause de Dieu ne vous touche guères, pourvu que celle du Clergé soit en sûreté.

La seconde, beaucoup plus courte, moins réguliere, moins approfondie, propose des doutes & des difficultés sur les révélations en général, donnant pourtant à la nôtre sa véritable certitude dans la pureté, la sainteté de sa doctrine, & dans la sublimité toute divine de celui qui en fut l’Auteur. L’objet de cette seconde partie est de rendre chacun plus réservé dans sa religion, à taxer les autres de mauvaise foi dans la leur, & de montrer que les preuves de chacune ne sont pas tellement démonstratives à tous les yeux qu’il faille traiter en coupables ceux qui n’y voyent pas la même clarté