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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/111

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être involontaire, lorsqu’on refuse de se soumettre a la doctrine d’un Livre qui ne sauroit être inventeé par les hommes ? Lorsque ce Livre porte des caracteres de verite si grands, si frappans, si parfaitement inimitables, que l’inventeur en seroit plus étonnant que le Héros ? C’est bien ici qu’on peut dire que l’iniquité a menti contre elle-même.*

[*Mandement, XVII.]


Monseigneur, vous me taxez d’iniquité sans sujet ; vous m’imputez souvent des mensonges, & vous ne m’en montrez aucun. Je m’impose avec vous une maxime contraire, & j’ai quelquefois lieu d’en user.

Le scepticisme du Vicaire est involontaire par la même raison qui vous fait nier qu’il le soit. Sur les foibles autorités qu’on veut donner à l’Evangile, il le rejetteroit par les raisons déduites auparavant, si l’esprit divin, qui brille dans la morale & dans la doctrine de ce livre, ne lui rendoit toute la force qui manque au témoignage des hommes sur un tel point. Il admet donc ce Livre sacré avec toutes les choses admirables qu’il renferme & que l’esprit humain peut entendre ; mais quant aux choses incroyables qu’il y trouve, lesquelles répugnent à sa raison, & qu’il est impossible à tout homme sensé de concevoir ni d’admettre, il les respecte en