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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/107

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Il faut pour vous en convaincre, M.T.C.F. & en même-temps pour vous édifier, mettre sous vos yeux cet endroit de son ouvrage." J’avoue que la majesté des Ecritures m’étonne ; la sainteté de l’Evangile *

[* La négligence avec laquelle M. de Beaumont me transcrit lui a fait faire ici deux changemens dans une ligne. Il a mis, la majesté de l’Ecriture au lieu de, la majesté des Ecritures ; & il a mis, la sainteté de l’Ecriture au lieu de, la sainteté de l’Evangile. Ce n’est pas, à la verité, me faire dire des hérésies ; mais c’est me faire parler bien niaisement.] parle a mon cœur. Voyez les livres des philosophes, avec toute leur pompe ; qu’ils sont petits pris de celui-là ! Se peut-il qu’un Livre a la fois si sublime & si simple soit l’ouvrage des hommes ? Se peut-il que celui dont-il fait l’histoire ne soit qu’un homme lui-même ? Est-ce-là le ton d’un enthousiaste ou d’un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle pureté dans ses mœurs ! Quelle grace touchante dans ses instructions ! quelle élévation dans ses maximes ! quelle profonde sagesse dans ses Discours ! quelle présence d’esprit, quelle finesse & quelle justesse dans ses réponses ! quel empire sur ses passions ! Où est l’homme, où est le sage qui fait agir, souffrir & mourir sans foiblesse & sans ostentation ? *

[* Je remplis, selon ma coutume, les lacunes faites par M. de Beaumont ; non qu’absolument celles qu’il fait ici soient insidieuses, comme en d’autres endroits ; mas parce que le défaut de suite & de liaison affoiblit le passage quand il est tronqué ; & aussi parce que mes persécuteurs supprimant avec soin tout ce que j’ai dit de si bon cœur en faveur de la Religion, il est bon de le rétablir a mesure que l’occasion s’en trouve.] Quand Platon peint son juste imaginaire couvert de tout l’opprobre du crime, & digne de tous les prix de la vertu, il peint trait pour trait Jésus-Christ : la ressemblance