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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/53

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R. La Nature les fit, vos institutions les gâtent.

N. À la tête d’un Livre d’amour on lira ces mots : Par J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve !

R. Citoyen de Geneve ? Non pas cela. Je ne profane point le nom de ma patrie ; je ne le mets qu’aux écrits que je crois lui pouvoir faire honneur.

N. Vous portez vous-même un non qui n’est pas sans honneur, & vous avez aussi quelque chose à perdre. Vous donnez un Livre foible & plat qui vous sera tort. Je voudrois vous en empêcher ; mais si vous en faites la sottise, j’approuve que vous la fassiez hautement & franchement. Cela, du moins, sera dans votre caractere. Mais à propros mettrez-vous aussi votre devise à ce Livre ?

R. Mon Libraire m’a déjà fait cette plaisanterie, & je l’ai trouvée si bonne, que j’promis de lui en faire honneur. Non, Monsieur, je ne mettrai point ma devise à ce Livre ; mais je ne la quitterai pas pour cela, & je m’effraie moins que jamais de l’avoir prise. Souvenez-vous que