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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/403

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pas le succes de l’expérience ; je sais seulement qu’il ne tient qu’à toi de la faire.

Tranquillise-toi sur les deux galans ou prétendants, ou comme tu voudras les appeler, car désormais le nom ne fait plus rien à la chose. Ils sont partis : qu’ils aillent en paix. Depuis que je ne les vois plus, je ne les hais plus.

LETTRE XXI. À JULIE.

Tu l’as voulu, Julie ; il faut donc te les dépeindre, ces aimables Parisiennes ? orgueilleuse ! cet hommage manquoit à tes charmes. Avec toute ta feinte jalousie, avec ta modestie & ton amour, je vois plus de vanité que de crainte cachée sous cette curiosité. Quoiqu’il en soit, je serai vrai : je puis l’être ; je le serois de meilleur cœur si j’avois davantage à louer. Que ne sont-elles cent fois plus charmantes ! que n’ont-elles assez d’attraits pour rendre un nouvel honneur aux tiens !

Tu te plaignois de mon silence ! Eh, mon Dieu ! que t’aurois-je dit ? En lisant cette lettre, tu sentiras pourquoi j’aimois à te parler des Valaisan estes voisines & pourquoi je ne te parlois point des femmes de ce pays. C’est que les unes me rappeloient à toi sans cesse & que les autres…Lis & puis tu me jugeras. Au reste, peu de gens pensent comme moi des dames françoises, si même je ne suis sur leur compte