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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/360

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Nancy, je ne pouvois plus honnêtement entrer dans aucune. Mde. de Luxembourg n’insista pas & il n’en fut plus reparlé. Cette simplicité de commerce avec de si grands seigneurs, & qui pouvoient tout en ma faveur, M. de Luxembourg étant & méritant bien d’être l’ami particulier du roi, contraste bien singulièrement avec les continuels soucis, non moins importuns qu’officieux, des amis protecteurs que je venois de quitter, & qui cherchoient moins à me servir qu’à m’avilir.

Quand M. le maréchal m’étoit venu voir à Mont-Louis, je l’avois reçu avec peine, lui & sa suite, dans mon unique chambre, non parce que je fus obligé de le faire asseoir au milieu de mes assiettes sales & de mes pots cassés, mais parce que mon plancher pourri tomboit en ruine, & que je craignois que le poids de sa suite ne l’effondrât tout à fait. Moins occupé de mon propre danger que de celui que l’affabilité de ce bon seigneur lui faisoit courir, je me hâtai de le tirer de-là pour le mener, malgré le froid qu’il faisoit encore, à mon donjon, tout ouvert & sans cheminée. Quand il y fut, je lui dis la raison qui m’avoit engagé à l’y conduire : il la redit à Mde. la maréchale, & l’un & l’autre me pressèrent, en attendant qu’on referoit mon plancher, d’accepter un logement au château, où, si je l’aimois mieux, dans un édifice isolé qui étoit au milieu du parc, & qu’on appeloit le petit château. Cette demeure enchantée mérite qu’on en parle.

Le parc ou jardin de Montmorenci n’est pas en plaine comme celui de la Chevrette. Il est inégal, montueux, mêlé