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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/326

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de rompre avec moi tout commerce : m’assurant, au reste, qu’ils ne cesseroient jamais l’un & l’autre de s’intéresser à moi, qu’ils me défendroient dans le public, & qu’elle enverroit de tems en tems savoir de mes nouvelles.

Et toi aussi, Diderot ! m’écriai-je. Indigne ami ! Je ne pus cependant me résoudre à le juger encore. Ma faiblesse étoit connue d’autres gens qui pouvoient l’avoir fait parler. Je voulus douter... Mais bientôt je ne le pus plus. St. L[...]t fit peu après un acte digne de sa générosité. Il jugeoit, connaissant assez mon âme, en quel état je devois être, trahi d’une partie de mes amis, & délaissé des autres. Il vint me voir. La premiere fois il avoit peu de tems à me donner. Il revint. Malheureusement, ne l’attendant pas, je ne me trouvai pas chez moi. Thérèse, qui s’y trouva, eut avec lui un entretien de plus de deux heures, dans lequel ils se dirent mutuellement beaucoup de faits dont il m’importoit que lui & moi fussions informés. La surprise avec laquelle j’appris par lui que personne ne doutoit dans le monde que je n’eusse vécu avec Mde. D’

[Epina] y comme G[...]y vivoit maintenant, ne peut être égalée que par celle qu’il eut lui-même en apprenant combien ce bruit étoit faux. St. L[...]t, au grand déplaisir de la dame, étoit dans le même cas que moi ; & tous les éclaircissemens qui résultèrent de cet entretien achevèrent d’éteindre en moi tout regret d’avoir rompu sans retour avec elle. Par rapport à Mde. d’H[...], il détailla à Thérèse plusieurs circonstances qui n’étoient connues ni d’elle, ni même de Mde. d’H[...], que je savois seul, que je n’avois dites qu’au seul Diderot