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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/31

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Dès-lors j’osai compter que Mde. la baronne de B[...]l & Mde. la marquise de B

[rogli] e prenant intérêt à moi, ne me laisseroient pas long-tems sans ressource & je ne me trompai pas. Parlons maintenant de mon entrée chez Mde. D[...]n, qui a eu de plus longues suites.

Mde. D[...]n étoit, comme on soit, fille de S[...]l B

[ernar] d & de Mde. F

[ontain] e. Elles étoient trois sœurs qu’on pouvoit appeller les trois Grâces. Mde. de la T

[ouch] e, qui fit une escapade en Angleterre avec le duc de K

[ingsto] n Mde. D

[’Art] y, la maîtresse & bien plus, l’amie, l’unique & sincère amie de M. le P

[rinc] e de C

[ont] i ; femme adorable autant par la douceur, par la bonté de son charmant caractère, que par l’agrément de son esprit & par l’inaltérable gaieté de son humeur. Enfin Mde. D[...]n, la plus belle des trois & la seule à qui l’on n’ait point reproché d’écart dans sa conduite.

Elle fut le prix de l’hospitalité de M. D[...]n, à qui sa mère la donna avec une place de fermier général & une fortune immense, en reconnoissance du bon accueil qu’il lui avoit foit dans sa province. Elle étoit encore, quand je la vis pour la premiere fois, une des plus belles femmes de Paris. Elle me reçut à sa toilette. Elle avoit les bras nus, les cheveux épars, son peignoir mal arrangé. Cet abord m’étoit très nouveau ; ma pauvre tête n’y tint pas ; je me trouble, je m’égare ; & bref, me voilà épris de Mde. D[...]n.

Mon trouble ne parut pas me nuire auprès d’elle ; elle ne s’en apperçut point. Elle accueillit le livre & l’auteur, me parla de mon projet en personne instruite, chanta, s’accompagna du clavecin, me retint à dîner, me fit mettre à