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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/299

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discuter avec vous tous ces points ; mais, en attendant, convenez que me prescrire si affirmativement ce que je dois faire, sans vous être mis en état d’en juger, c’est, mon cher philosophe, opiner en franc étourdi. Ce que je vais de pis à cela, est que votre avis ne vient pas de vous. Outre que je suis peu d’humeur à me laisser mener sous votre nom par le tiers & le quart, je trouve à ces ricochets certains détours qui ne vont pas à votre franchise, & dont vous ferez bien pour vous & pour moi, de vous abstenir désormais."

"Vous craignez qu’on n’interprète mal ma conduite ; mais je défie un cœur comme le vôtre d’oser mal penser du mien. D’autres peut-être parleroient mieux de moi si je leur ressemblois davantage. Que Dieu me préserve de me faire approuver d’eux ! que les méchans m’épient & m’interprètent, Rousseau n’est pas fait pour les craindre, ni Diderot pour les écouter."

"Si votre billet m’a déplu, vous voulez que je le jette au feu, & qu’il n’en soit plus question. Pensez-vous qu’on oublie ainsi ce qui vient de vous ? Mon cher, vous faites aussi bon marché de mes larmes dans les peines que vous me donnez, que de ma vie & de ma santé dans les soins que vous m’exhortez à prendre. Si vous pouviez vous corriger de cela, votre amitié m’en seroit plus douce, & j’en deviendrois moins à plaindre."

En entrant dans la chambre de Mde. D’

[Epina] y, je trouvai G[...]avec elle, & j’en fus charmé. Je leur lus à haute & claire voix mes deux lettres avec une intrépidité dont je