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Verger cher à mon cœur, séjour de l’innocence,
Honneur des plus beaux jours que le ciel me dispense.
Solitude charmante, Asile de la paix ;
Puissé-je, heureux verger, ne vous quitter jamais.

Ô jours délicieux coulés sous vos ombrages !
De Philomèle en pleurs les languissants ramages,
D’un ruisseau fugitif le murmure flatteur,
Excitent dans mon âme un charme séducteur.
J’apprends sur votre émail à jouir de la vie :
J’apprends à méditer sans regrets, sans envie
Sur les frivoles goûts des mortels insensés.
Leurs jours tumultueux l’un par l’autre poussés
N’enflamment point mon cœur du désir de les suivre.
À de plus grands plaisirs je mets le prix de vivre ;
Plaisirs toujours charmants, toujours doux, toujours purs,
À mon cœur enchanté vous êtes toujours sûrs.
Soit qu’au premier aspect d’un beau jour près d’éclore
J’aille voir les coteaux qu’un soleil levant dore ;