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DISCOURS DE M. LE ROI, PROFESSEUR DE RHÉTORIQUE AU COLLEGE DU CARDINAL LE MOINE, PRONONCÉ LE 12 AOÛT 1751, DANS LES ECOLES DE SORBONNE, EN PRÉSENCE DE MM. DU PARLEMENT, À L’OCCASION DE LA DISTRIBUTION DES PRIX FONDÉS DANS L’UNIVERSITÉ.

Traduit en François par M. B. Chanoine Régulier, Procureur-Général de l’Ordre de Saint-Antoine.

Des avantages que les Lettres procurent à la Vertu.

MESSIEURS,

Les Lettres ont leurs phénomenes ainsi que la Physique. Comme, à la faveur d’un tems serein on découvre quelquefois dans le Ciel de nouveaux astres, dont l’éclat surprenant arrête nos regards, & dont la marche peu connue fixe l’attention des Astronomes : de même lorsque les Lettres sont le mieux, cultivées, on voit de tems en tems s’élever parmi les Savans des opinions aussi frappantes par leur nouveauté que par leur singularité ; & dont les progrès affligeans pour ceux qui les considerent, laissent entrevoir avec peine le fruit que l’on en doit attendre. C’est le cas où nous nous trouvons aujourd’hui, dans un siecle où les Sciences & les Arts ont été portés à un si haut degré de perfection : en effet quoi de plus inoui, que ce qu’on a depuis peu avancé publiquement ; que les Lettres sont la principale cause de la corruption des mœurs ?