Ouvrir le menu principal

Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/551

Cette page n’a pas encore été corrigée


Prince, que la mort de l’un fût la destruction de l’autre. Eh, mon Dieu ! ce devroit être exactement le contraire. Le Roi mort, tout devroit aller comme s’il vivoit encore ; on devroit s’appercevoir à peine qu’il manque une piece à la machine, tant cette piece étoit peu essentielle à sa solidité. Heureusement cette inconséquence ne tient à rien. Il n’y a qu’à dire qu’elle n’exister a plus, & rien au surplus ne doit être changé : mais il ne faut pas laisser subsister cette étrange contradiction ; car si c’en est une déjà dans la présente constitution, c’en seroit une bien plus grande encore après la réforme.

CHAPITRE XV.

Conclusion.

Voila mon plan suffisamment esquissé. Je m’arrête. Quel que soit celui qu’on adoptera l’on ne doit pas oublier ce que j’ai dit dans le Contrat Social de l’état de foiblesse & d’anarchie où se trouve une nation tandis qu’elle établit ou réforme sa constitution. Dans ce moment de désordre & d’effervescence elle est hors d’état de faire aucune résistance & le moindre choc est capable de tout renverser. Il importe donc de se ménager à tout prix un intervalle de tranquillité durant lequel on puisse sans risque agir sur soi-même & rajeunir sa constitution. Quoique les changemens à faire dans la vôtre ne soient pas fondamentaux & ne paroissent pas