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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/517

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dans la proportion qui seroit jugée convenable une dîme, qui se leveroit en nature sur la récolte comme la dîme ecclésiastique, & pour éviter l’embarras des détails & des magasins on affermeroit ces dîmes à l’enchere comme font les curés. En sorte que les particuliers ne seroient tenus de payer la dîme que sur leur récolte, & ne la payeroient de leur bourse que lorsqu’ ils l’aimeroient mieux ainsi, sur un tarif réglé par le Gouvernement. Ces fermes réunies pourroient être un objet de commerce par le débit des denrées qu’elles produiroient & qui pourroient passer à l’étranger par la voie de Dantzick ou de Riga. On éviteroit encore par-là tous les frais de perception & de régie, toutes ces nuées de commis & d’employés si odieux au peuple si incommodes au public, & ce qui est le plus grand point, la République auroit de l’argent sans que les citoyens fussent obligés d’en donner : car je ne répéterai jamais assez que ce qui rend la taille & tous les impôts onéreux au cultivateur est qu’ils sont pécuniaires, & qu’il est premierement obligé de vendre pour parvenir à payer.

CHAPITRE XII.

Systême militaire.

De toutes les dépenses de la République l’entretien de l’armée de la Couronne est la plus considérable, & certainement les services que rend cette armée ne sont pas proportionnés à ce qu’elle coûte. Il faut pourtant, va-t-on dire aussi-tôt,