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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/484

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exposer l’Etat à se diviser. En rendant les Nonces plus dépendans de leurs instructions & de leurs constituans on gagne à-peu-pres le même avantage sans aucun inconvénient. Ceci suppose il est vrai que les suffrages ne se donnent point par scrutin mais à haute voix, afin que la conduite & l’opinion de chaque Nonce à la Diete soient connues, & qu’il en réponde en son propre & privé nom. Mais cette matiere des suffrages étant une de celles que j’ai discutées avec le plus de soin dans le Contrat Social, il est superflu de me répéter ici.

Quant aux élections, on trouvera peut-être d’abord quelque embarras à nommer à la fois dans chaque Diete tant de Sénateurs députés, & en général aux élections d’un grand nombre sur un plus grand nombre qui reviendront quelquefois dans le projet que j’ai à proposer ; mais, en recourant pour cet article au scrutin l’on ôteroit aisément cet embarras au moyen de cartons imprimés & numérotés qu’on distribueroit aux Electeurs la veille de l’élection, & qui contiendroient les noms de tous les Candidats entre lesquels cette élection doit être faite. Le lendemain les Electeurs viendroient à la file rapporter dans une corbeille tous leurs cartons, après avoir marqué chacun dans le sien ceux qu’il élit ou ceux qu’il exclut selon l’avis qui seroit en tête des cartons. Le déchiffrement de ces mêmes cartons se feroit tout de suite en présence de l’assemblée par le secrétaire de la Diete assisté de deux autres secrétaires ad actum nommés sur-le-champ par le Maréchal dans le nombre des Nonces présens Par cette méthode l’opération deviendroit si courte & si simple que sans dispute & sans bruit tout le Sénat se rempliroit aisément dans une séance.