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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/482

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Evêques, & qui ne craignent pas plus qu’eux d’être déplacés.

Voici ce que j’imaginerois pour remédier à ces divers inconvénients. Je voudrois que les places de Sénateurs du premier rang continuassent d’être à vie. Cela feroit, en y comprenant outre les Evêques & les Palatins tous les Castellans du premier rang quatre-vingt-neuf Sénateurs inamovibles.

Quant aux Castellans du second rang, je les voudrois tous à tems, soit pour deux ans, en faisant à chaque Diete une nouvelle élection, soit pour plus long-tems s’il étoit jugé à propos ; mais toujours sortant de place à chaque terme, sauf à élire de nouveau ceux que la Diete voudroit continuer, ce que je permettrois un certain nombre de fois seulement, selon le projet qu’on trouvera ci-apres.

L’obstacle des titres seroit foible, parce que ces titres ne donnant presque d’autre fonction que de siéger au Sénat pourroient être supprimés sans inconvénient, & qu’au lieu du titre de Castellans à bancs, ils pourroient porter simplement celui de Sénateurs députés. Comme par la réforme, le Sénat revêtu de la puissance exécutive seroit perpétuellement assemblé dans un certain nombre de ses membres, un nombre proportionnel de Sénateurs députés seroient de même tenus d’y assister toujours à tour de rôle, mais il ne s’agit pas ici de ces sortes de détails.

Par ce changement à peine sensible, ces Castellans ou Sénateurs députés deviendroient réellement autant de représentans de la Diete qui feroient contre-poids au Corps du Sénat & renforceroient l’ordre Equestre dans les assemblées de la nation ; en sorte que les Sénateurs à vie quoique devenus