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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/477

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Une meilleure police dans les Dietes & Diétines seroit assurément une chose fort utile ; mais, je ne le redirai jamais trop, il ne faut pas vouloir à la fois deux choses contradictoires. La police est bonne, mais la liberté vaut mieux, & plus vous gênerez la liberté par des formes, plus ces formes fourniront de moyens à l’usurpation. Tous ceux dont vous userez pour empêcher la licence dans l’ordre législatif, quoique bons en eux-mêmes, seront tôt ou tard employés pour l’opprimer. C’est un grand mal que les longues & vaines harangues qui font perdre un tems si précieux, mais c’en est un bien plus grand qu’un bon citoyen n’ose parler quand il a des choses utiles à dire. Des qu’il n’y aura dans les Dietes que certaines bouches qui s’ouvrent & qu’il leur sera défendu de tout dire, elles ne diront bientôt plus que ce qui peut plaire aux puissans.

Après les changemens indispensables dans la nomination des emplois & dans la distribution des grâces, il y aura vraisemblablement & moins de vaines harangues & moins de flagorneries adressées au Roi sous cette forme. On pourroit cependant pour élaguer un peu les tortillages & les amphigouris, obliger tout harangueur à énoncer au commencement de son discours la proposition qu’il veut faire, &, après avoir déduit ses raisons, de donner ses conclusions sommaires, comme font les gens du Roi dans les tribunaux. Si cela n’abrégeoit pas les discours, cela contiendroit du moins ceux qui ne veulent parler que pour ne rien dire, & faire consumer le tems à ne rien faire.

Je ne sois pas bien quelle est la forme établie dans les Dietes