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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/321

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modernes, vous n’avez point d’esclaves, mais vous l’êtes ; vous payez leur liberté de la vôtre. Vous avez beau vanter cette préférence ; j’y trouve plus de lâcheté que d’humanité.

Je n’entens point par tout cela qu’il faille avoir des esclaves ni que le droit d’esclavage soit légitime, puisque j’ai prouvé le contraire. Je dis seulement les raisons pourquoi les peuples modernes qui se croyent libres ont des Réprésentans, & pourquoi les peuples anciens n’en avoient pas. Quoi qu’il en soit, à l’instant qu’un Peuple se donne des Réprésentans, il n’est plus libre ; il n’est plus.

Tout bien examiné, je ne vois pas qu’il soit désormais possible au Souverain de conserver parmi nous l’exercice de ses droits si la Cité n’est très-petite. Mais si elle est très-petite elle sera subjuguée ? Non. Je ferai voir ci-après [1] comment on peut réunir la puissance extérieure d’un grand Peuple avec la police aisée & le bon ordre d’un petit État.


CHAPITRE XVI.

Que l’institution du Gouvernement n’est point un contract.


Le pouvoir Législatif une fois bien établi, il s’agit d’établir de même le pouvoir exécutif ; car ce dernier, qui n’o-

  1. (e) C’est ce que je m’étois proposé de faire dans la suite de cet ouvrage, lorsqu’en traitant des relations externes j’en serois venu aux confédérations. Matiere toute neuve & où les principes sont encore à établir.