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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/32

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Tels sont, Magnifiques, tres-honorés & souverains Seigneurs, les avantages que j’aurois recherchés dans la Patrie que je me serois choisie. Que si la Providence y avoit ajouté de plus une situation charmante, un climat tempéré, un pays fertile, & l’aspect le plus délicieux qui soit sous le Ciel, je n’aurois désiré, pour combler mon bonheur, que de jouir de tous ces biens dans le sein de cette heureuse Patrie, vivant paisiblement dans une douce société avec mes Concitoyens, exerçant envers eux & à leur exemple, l’humanité, l’amitié & toutes les vertus, & laissant après moi l’honorable mémoire d’un homme de bien & d’un honnête & vertueux Patriote.

Si, moins heureux ou trop tard sage, je m’étois vu réduit à finir en d’autres climats une infirme & languissante carriere, regrettant inutilement le repos & la paix dont