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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/30

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que c’est sur-tout la grande antiquité des loix qui les rend saintes & vénérables ; que le Peuple méprise bientôt celles qu’il voit changer tous les jours, & qu’en s’accoutumant à négliger les anciens usages, sous prétexte de faire mieux, on introduit souvent de grands maux pour en corriger de moindres.

J’aurois fui surtout, comme nécessairement mal gouvernée, une République où le Peuple croyant pouvoir se passer de ses Magistrats, ou ne leur laisser qu’une autorité précaire, auroit imprudemment gardé l’administration des affaires civiles & l’exécution de ses propres loix ; telle dût être la grossiere constitution des premiers Gouvernemens sortant immédiatement de l’état de nature, & tel fut encore un des vices qui perdirent la République d’Athenes.

Mais j’aurois choisi celle où les particu-