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tombe dans un fauteuil qu’on me présente. Je suis sur le point de perdre connaissance. La mère et ses filles s’approchent de moi avec une serviette et un bassin ; elles m’inondent le visage d’eau froide, et je reviens à la vie.

« — Je suis parfaitement bien maintenant, leur dis-je. J’ai eu une rude besogne à faire, mais je puis dire comme César à la bataille de Pharsale : Veni, vidi, vici, Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. »

« Toutes ces bonnes et braves gens restent étonnés et n’osent se fier à mes paroles.

« — Vous paraissez douter de mon triomphe sur l’ennemi. Eh bien ! que le propriétaire descende dans la cave avec moi, et il se convaincra que le feu follet a disparu, et à tout jamais. »

« Le maître de la maison et quatre de ses amis qui étaient venus assister au départ du feu follet se rendent à mon invitation et constatent avec plaisir que j’ai dit la vérité ; il n’y a plus de queue de comète dans le coin nord-ouest de la cave. Lorsqu’à leur retour ils annoncent cette grande et heureuse nouvelle, un cri de joie s’échappe de toutes les poitrines.

« Au moment où j’allais souhaiter le bonjour à cette nombreuse société, le propriétaire me dit, après m’avoir comblé de bénédictions et de remerciements :

« — Vos poules, vous n’aurez pas besoin de les apporter, j’irai les chercher moi-même. »