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« — Ça ne vous coûtera pas cher. Tenez, si vous voulez m’hiverner une douzaine de poules, nous serons quittes.

« — J’accepte volontiers votre marché.

« — Très bien. Demain soir, à 8 heures, je serai chez vous. Au revoir. »

« Le lendemain, à l’heure convenue, j’étais au rendez-vous. En entrant, on accourt à ma rencontre comme à un sauveur. On me prenait pour un grand homme, ni plus ni moins. Je riais sous cape de la réception dont j’étais l’objet. Sans perdre de temps, je me mets à l’œuvre. Je m’adresse au propriétaire en lui disant :

« — Vous m’avez dit que le feu follet faisait son apparition à la même heure.

« — Oui, monsieur.

« — Pensez-vous qu’on puisse le voir maintenant ?

« — J’en suis sûr. Mon fife follette apparaît toujours à la même place, dans le coin nord-ouest de la cave ; il n’est pas plus gros qu’un jaune d’œuf, et ça dessine une traînée lumineuse, comme la queue d’une comète, sur toute la largeur de la maison.

« — C’est bien. Je vais descendre à présent dans la cave. Ouvrez la trappe.

« — Mais attendez un peu. Nous allons vous donner une chandelle.

« — Pas du tout. Il ne me faut pas de lumière. Et, à tout bruit que vous entendrez, vous ne bougerez