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regrettée mémoire. Nous étions alors sur le chemin de Beauport. Mais où diriger nos pas ? Le panorama que nous avons devant nous est si grandiose ! L’air que nous respirons est si pur ! Et toutes ces merveilles de la nature que nous admirons sont si sublimes !

Québec, la vieille cité de Champlain, le Gibraltar de l’Amérique, attire nos regards. Noyé, pour ainsi dire, dans les flots d’une lumière étincelante et entouré d’une nappe d’eau tranquille que sillonnent des centaines de coquettes embarcations, Stadaconé ressemble à une reine assise sur un trône d’or, portant une riche couronne et environnée d’une nombreuse cour. Toute l’histoire de notre jeune et belle patrie se déroule alors à notre esprit. Mais, nous l’avouons en toute sincérité, ce jour-là nous étions plus disposé à contempler les chefs-d’œuvre de la création qu’à nous livrer à l’étude. Nous chassons donc aussitôt ces précieux souvenirs et nous poussons une pointe vers la ville dans le but d’y trouver de nouvelles et pures jouissances.

Arrivé dans la rue du Pont, que nous parcourons jusqu’à la rue Saint-Joseph, nous faisons demi-tour à gauche et nous nous acheminons vers l’est, tout en marchant nonchalamment comme un roi fainéant dans les rues de Paris.

Nous regardons à droite, nous regardons à gauche. Rien ne peut satisfaire notre curiosité. Nous sommes peut-être exigeant. Que voulez-vous ? le