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rait ce qui l’attendait dans cette grande ville, théâtre de tous les vices comme de toutes les vertus. N’ayant pas un sou vaillant à son arrivée, il passe les premiers jours à vivre du pain de l’aumône et à chercher une situation quelconque. Mais tous ses efforts sont infructueux. Il se fait alors soldat. Le malheur le poursuit dans sa nouvelle carrière. Des calomniateurs le font détester de ses chefs, et pourtant Edmond tenait une conduite irréprochable ; c’est cette noble conduite qui le fait haïr de ses camarades débauchés.

Edmond quitte l’état militaire et entre à la rédaction d’un petit journal parisien. Ses premiers écrits sont assez bien accueillis, mais ce n’est qu’une gloire éphémère. Des envieux le prennent à partie et font si bel et bien, que l’orphelin est congédié de l’établissement et jeté de nouveau sur le pavé.

Quelle triste destinée ! Être doué d’une santé robuste et posséder le plus grand désir de gagner honorablement sa vie ! Et puis ne rencontrer que déboires et adversités ! Malgré sa foi profonde, le malheureux jeune homme retombe dans le désespoir. Parfois il pense au suicide, mais ce n’est qu’une idée passagère. Portant ses regards vers le ciel, où il doit habiter un jour, il chasse aussitôt ses criminelles pensées et en demande pardon à la divine Providence.

Edmond ne traîne plus alors qu’une existence des plus misérables ; il se couche bien souvent sans avoir