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qui dominait la grande porte d’entrée. Il y avait là un mystère que nous voulions à tout prix éclaircir. Nous avions nous-même admiré, à plusieurs reprises, cette demeure, et nous ne comprenions pas pourquoi elle était toujours inhabitée. Les circonstances nous favorisèrent dans nos recherches, et le nœud gordien fut tranché sans le secours de l’épée d’Alexandre.

Un jour, nous faisions une partie de pêche dans la petite baie que nous avons mentionnée plus haut ; mais ce n’était pas la pêche miraculeuse des disciples du Sauveur sur la mer de Tibériade ou du lac Génésareth. L’habitant de l’empire de Neptune fuyait l’hameçon et allait prendre ses ébats plus loin sur la surface de la plaine liquide. Une conduite aussi indigne à notre égard nous révolta. Nous ramassons armes et bagages, et nous nous dirigeons vers la rive.

Comme nous sommes aussi bon chasseur qu’habile pêcheur, nous mettons notre fusil en bandoulière et nous nous enfonçons dans la forêt qui borde la célèbre villa. Nous n’avons pas fait vingt pas, que nous rencontrons un de ces vieillards qui, par leur air vénérable et patriarcal, inspirent, le respect et la confiance.

« Tiens, me dis-je, voilà mon homme ; je vais apprendre de lui la solution du grand problème que je cherche vainement à résoudre depuis que je fréquente ces lieux. »

Sans cérémonie aucune, nous abordons le