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loppe en présence des merveilles de la nature, le but de notre voyage enfin est atteint.

Cependant notre voyage n’est pas encore terminé, il nous faut visiter cette paroisse qu’on appelle à si juste titre Saint-Jean-Port-Joli. Oui, c’est vraiment un joli port, et le parrain qui l’a ainsi baptisé mérite nos plus sincères félicitations ; car il est impossible de redire ici toutes les beautés, tous les charmes, tous les sites enchanteurs qui s’offrent à nos regards quand nous entrons dans cette riche paroisse. La nature s’est plu à verser ses trésors les plus précieux en ces parages pour en faire un véritable paradis terrestre. Tous les voyageurs qui visitent Saint-Jean-Port-Joli pour la première fois éprouvent les mêmes impressions, les mêmes émotions que nous avons ressenties nous-mêmes en cette circonstance. Mais trêve à l’admiration, et continuons notre promenade, nous allions dire notre course, avec notre cavale.

À peine avons-nous fait quelques pas, qu’un de nos compagnons de classe s’écrie ;

« Ah ! regardez à gauche ; nous voyons l’emplacement qu’occupa la demeure d’un célèbre meurtrier, d’un assassin qui a, pendant assez longtemps, semé la terreur et l’épouvante parmi les paisibles habitants de cette délicieuse retraite. »

Cette exclamation subite nous arrache de nos méditations poétiques et nous glace d’effroi. Il nous semble voir le meurtrier devant nous et nous crier ;