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LE CAP MARTIN



C’était en 1854. Quatre étudiants, qui ont joué plus tard un rôle assez marquant dans l’histoire de notre jeune pays, étaient nonchalamment assis sur le versant septentrional du cap Martin, à l’ombre d’une touffe d’arbres toujours verdoyants, et causaient gaiement des examens qu’ils avaient subis à la fin de l’année scolaire, tout en dégustant un goûter délicieux qu’ils avaient eux-mêmes apprêté.

Le cap Martin ! Qui n’a entendu parler de ce lieu enchanteur situé à environ un mille et demi à l’ouest du collège Sainte-Anne, sur le bord du Saint-Laurent, de ces parages si chers à tous les jeunes gens qui font leurs études dans cette admirable institution, de ce petit paradis terrestre si recherché pour les bains, les parties de pêche, les pique-niques et les amusements de tous genres ? Le cap Martin ! Comme ce nom retentit agréablement à l’oreille de l’écolier le matin d’un grand congé, lorsque le premier maître de salle annonce que la communauté ira