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et une couronne étincelante d’or et de pierres précieuses, à l’exemple des reines ; elle tient à la main droite une baguette d’osier. À son apparition, la tempête s’est apaisée, et le silence le plus profond règne dans cette demeure souterraine. La vieille adresse la parole aux Micmacs en ces termes :

« Sachez, ô intrépides coureurs des bois, que je suis la maîtresse de ces lieux, et que la grotte que vous habitez aujourd’hui est mon palais. J’ai entendu vos cris déchirants à cent mille lieues d’ici, et je suis accourue pour vous secourir. Prenez cette baguette de fée, — car je suis la fée protectrice de toute la rive sud de votre Grande-Rivière, — et toutes les fois que vous frapperez le rocher avec cette baguette, vous obtiendrez tout ce que vous désirerez. »

Elle dit et disparut en forme de globe de feu, qui illumina la grotte jusque dans ses réduits les plus ténébreux.


Les Micmacs étaient sauvés. Deux jours après, l’armée anglaise partait et se dirigeait sur Saint-Jean-Port-Joli.

Les prisonniers sortirent de leur retraite et allèrent rejoindre leurs femmes et leurs enfants.

C’est depuis cette époque que la grotte dont nous venons de parler porte le nom de Cabane des Fées.