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Les quatre jeunes gens dont il est fait mention plus haut, ne voulant pas passer pour des peureux, forment de nouveau le projet de faire une visite domiciliaire.

S’étant procuré une chandelle, ils montent sur la galerie. Le bruit recommence avec une nouvelle fureur, tout l’édifice en est ébranlé. Nos hardis explorateurs tiennent bon ; ils ouvrent la porte d’une main ferme, visitent tous les appartements du premier étage et grimpent ensuite au grenier. Ils fouillent tous les coins et les recoins, et le mystère reste sans explication. C’est décidé ; un esprit hante cette habitation.

« Rien, disent-ils, rien. Descendons. »

Ils ne sont pas rendus au milieu de l’escalier qui conduit du premier étage au second, que la trappe du grenier se rabat sur la tête de celui qui ferme la marche avec une violence telle, qu’il est précipité à terre, lui d’un côté et son chapeau de l’autre. Ses compagnons roulent aussi sur le parquet plus morts que vifs. Ils parviennent néanmoins à se traîner jusqu’à la porte, n’ayant plus la force de marcher, et s’élancent dans les bras des personnes qui attendaient au dehors le résultat de leurs fouilles. C’était terrifiant.

Le bruit continua encore quelques instants, et tout rentra ensuite dans le calme le plus plat.

Les curieux se séparèrent, convaincus que la maison n’était pas habitable, puisque des esprits en avaient pris possession.