Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome I, 1930.djvu/13

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Un des leurs arrive au même instant au pas de gymnastique et suant sang et eau.

« Vite, s’écrie-t-il, sauvons-nous. Les Anglais sont là-bas, brûlant nos cabanes et nos forêts et massacrant tous nos amis qu’ils rencontrent sur leur passage. »

À ce cri d’alarme, les Micmacs lèvent le camp et s’enfuient vers un bois situé non loin de leurs habitations.

Cette retraite cependant ne leur paraît pas sûre ; un seul sentier à peine frayé, il est vrai, traverse la forêt, mais c’est le chemin que suivra nécessairement l’armée dévastatrice ; il n’y a pas d’autre voie de communication. Que faire ? Tout retard peut causer leur perte.

D’un signe de la main droite, le chef de cette petite bande montre la montagne du Collège, et le chef est compris. Aussitôt les sauvages, ramassant armes et bagages, se dirigent vers l’endroit indiqué. Mais en arrivant, nouveaux embarras et nouvelles craintes : les fuyards fouillent toutes les fissures, toutes les crevasses et tous les antres de cette chaîne de rochers escarpés et ne trouvent aucune caverne qui puisse les soustraire aux recherches de l’ennemi ; ils sont découragés.

Les fouilles se continuent néanmoins avec plus d’ardeur que jamais ; ces infortunés veulent à tout prix conserver leur vie pour porter secours plus tard à leurs familles, qui résident de l’autre côté de la