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pour tes menues dépenses. Avec tes $900 000 000, tu pourras toujours bien me rembourser.

Pierriche. — Ça me coûte ; on ne sait pas ce qui peut arriver.

Le notaire. — Comment, tu douterais ? Ne vois-tu pas cette traite ? C’est de l’or tout pur. Et puis, tu insultes à mes profondes connaissances.

Pierriche. — Puisque vous le voulez, j’accepte vos vingt-cinq louis ; mais à la condition que je vous en rende cent.

Le notaire. — Nous arrangerons cela plus tard. Mets cette somme dans ton gousset, prenons un coup et partons ; car il est 11 heures et demie. »

Les deux voyageurs courent à la station prendre le train, ayant en mémoire ce vieil adage populaire : Qui trop embrasse manque le train. L’attente de nos heureux mortels à la station ne fut pas de longue durée ; le train arriva aussitôt. Inutile de dire que le millionnaire et le notaire s’étaient procuré des billets de première classe. Il ne faut pas l’oublier ; noblesse oblige.

Le train emporte à toute vitesse les passagers vers leur destination.

Pendant la montée, qui paraît trop longue à l’homme de loi, la conversation roule naturellement sur le millionnaire et les magnifiques projets qu’il a formés pour la prospérité de son village. Toutes les personnes présentes à cette intéressante causerie applaudissent chaleureusement l’héritier fortuné, à