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amour… le plus grand amour de ma vie ; il est chaste, il est pur : Dante n’a pas mieux aimé Béatrice. Tandis que, pour Charles, Marie est un tout petit caprice. Si on lui donnait Mauricette des Bouffes, Marie n’existerait plus. Moi, on m’offrirait une Récamier, je n’hésiterais pas, je resterais fidèle à Marie. Donc, je serais un crétin, si je tenais compte de Charles. Les droits réels sont de mon côté… Mes vagues mensonges n’ont aucune importance. Si je ne mentais pas, Charles reviendrait par vanité plus encore que par jalousie et ce serait ignoble |

— Ma réponse est loyale, en somme, affirma-t-il à voix haute, car je veille absolument sur Marie et la façon dont je l’aime est un bien. Sans cet amour, j’aurais pu la désirer involontairement tout comme Mme Pivon où Doña Sol. Et non seulement je ne la dé-