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Georges se tordait les mains, tellement sa surprise était profonde et douce. En haut, Marie fureta dans l’ombre. Il y eut une minute affolante, pleine d’énigmes, puis la lampe joua son rôle de petit soleil, les visages émergèrent du monde noir et Georges, à cause de son émotion, eut le sens réel de cet événement si étonnant et si banal :

— Il y a du chocolat froid, dit Marie avec calme… Vous en prendrez une tasse, pour me faire plaisir.

Elle ôta son chapeau, elle disposa les tasses, versa la liqueur épaisse, et elle semblait plus gaie que d’habitude ; ses yeux frais, en se tournant vers le jeune homme, riaient un peu :

— Savez-vous quoi ? dit-elle… j’ai beaucoup pensé à l’acrostiche ! C’est bien difficile un acrostiche ?