Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/46

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Inopinément, ils s’enfoncèrent dans une buée, Mme Pivon cessa d’être désirable, Doña Sol devint une bringue absurde ; les propos s’égouttaient comme une bruine. Il n’y eut plus que Marie. Ses yeux devinrent si beaux que Georges chavirait en les revoyant. La tiédeur de sa petite main devint si individuelle que, à chaque contact, elle donnait de la joie et de la souffrance. Le petit coquillage rose de l’oreille émouvait jusqu’aux larmes, la voix attendrissait jusqu’à la stupeur. De ce qu’elle était faible, le jeune homme la jugeait divine. Il haïssait presque la grande voix d’argent de la vedette, il la déclarait brutale et agressive ; il murmurait sur un ton de litanie :

— Voix de Marie… voix pure… voix sacrée… voix de printemps et de fontaine !

Il ne pouvait plus comme il l’avait fait