Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/21

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et anonyme. Mais les servantes ne se confondaient pas avec Marie. Et quand il monta l’escalier de la rue des Boulangers, une toute autre aventure lui faisait pâlir les oreilles. L’amour vagabond était noyé. L’autre amour palpitait, que les hommes ont environné de leurs artifices. La femme y était flottante comme ses robes, avec de l’odeur d’encens, de la belle prière, de la lueur de vitrail, des rythmes de parole et de musique, l’étrange étoile des poètes. Non que Georges aime Marie, du moins pas maintenant : mais Marie figure l’amour, au sens policé, comme les petites bonnes, tantôt, au sens vagabond. D’autres feraient l’affaire aussi bien qu’elle. Enlacé de flexibles mensonges, Georges sait pourtant que l’amour n’exige pas du tout une femme cuite exprès pour son goût. D’ailleurs, il