Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/206

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


allure exigeaient un restaurant modeste. L’incertitude bourdonnait dans la tête de Georges. Il eut pourtant la chance d’une inspiration :

— Voulez-vous choisir l’endroit ?

— Pas la peine de se la creuser… Tenez ! v’là un rôtisseur qui nous tend les bras. — Si ça ne vous fait pas peur ! On y mange très bien.

Évidemment, elle était bonne fille et la timidité de Georges tombait un peu à chaque pas.

— Allons-y ! répondit-il avec une esquisse de gaieté à laquelle répondit le rire automatique de sa compagne.

La rôtisserie s’emplissait d’une clientèle abondante, sans élégance mais non pas crapuleuse. Un garçon à tablier bleu les mena tout au fond de la salle, laquelle figurait un